France · {{periode}}
{{total}} contenus retirés ou restreints en France en {{jours}} jours. {{part-cgu}} d'entre eux sans aucune base légale — sur la seule décision de la plateforme.
Source : registre de transparence du DSA · déclarations des plateformes elles-mêmes
La mesure
Qui retire quoi, en France
Chaque plateforme déclare ses décisions au registre européen. Voici ce qu'elles ont déclaré pour la France sur {{jours}} jours consécutifs. La colonne de droite est la seule qui compte vraiment : elle dit si le retrait s'appuie sur une loi, ou sur les règles privées de la plateforme.
| Plateforme | Retraits (7 j) | Volume relatif | Sur ses propres règles |
|---|
Qui décide, derrière chaque plateforme
Ces décisions ne sortent pas d'une machine anonyme : elles relèvent d'entreprises dirigées par des personnes identifiables. Fonctions et noms sont publics, et nous nous en tenons à cela — aucun jugement personnel, aucune adresse, aucune mise en cause individuelle.
| Plateforme | Société mère | Fondateurs | Direction actuelle |
|---|
Une plateforme n'a plus de direction générale du tout
Depuis la démission de Linda Yaccarino le 9 juillet 2025, X n'a pas de directeur général. Elon Musk dirige la plateforme directement — via xAI, qui a racheté X en mars 2025, puis via SpaceX, qui a absorbé xAI en février 2026.
Ce n'est pas un détail d'organigramme : c'est la seule des neuf plateformes où les décisions de modération ne relèvent d'aucune direction exécutive distincte du propriétaire. C'est aussi la seule dont le code soit public. Les deux faits vont ensemble et méritent d'être posés côte à côte.
Ce que ces chiffres ne disent pas
Une part importante de ce volume concerne du commerce — fiches produits retirées sur les places de marché, bien plus que des opinions. Nous suivons ici les plateformes d'expression, mais le mot « retrait » recouvre des réalités très différentes. Nous refusons d'additionner ce qui n'est pas comparable pour obtenir un chiffre plus impressionnant.
D'où vient ce code
Elon Musk a publié l'algorithme de X. Voici ce que ça change.
Une partie de ce que nous montrons n'est possible que depuis quelques jours, et seulement pour une plateforme. Autant expliquer précisément d'où sort cette matière — et ce qu'elle vaut.
xAI, l'entreprise d'Elon Musk qui détient X, a publié le code du fil « Pour vous » : la sélection des posts, leur classement, et surtout les règles qui décident si un message est affiché, masqué ou privé de portée.
Le dépôt s'appelle xai-org/x-algorithm,
il est en licence libre Apache 2.0 — donc
consultable et réutilisable par n'importe qui.
13 août 2026 : mise en ligne des systèmes de
filtrage de visibilité et des modèles qui posent les étiquettes.
14 août 2026 : ajout du filtre électoral
brésilien et des paramètres de classement.
Sur GitHub, en accès libre, sans compte ni autorisation. C'est ce dépôt que nous lisons.
Pourquoi le publier ? La réponse est de X
La justification tient en une phrase, tirée du dépôt lui-même, à propos du filtre brésilien : « A benefit of open-source is that you can see that changes like this exist » — l'intérêt du code ouvert est qu'on peut constater que de tels changements existent, et voir exactement comment ils fonctionnent.
Autrement dit, X assume que rendre le code lisible permet de le contrôler. C'est précisément ce que fait ce site. Nous ne détournons pas cette publication : nous l'utilisons pour ce à quoi elle est annoncée.
Ce qu'il faut savoir avant de s'y fier
Ce n'est pas tout le code. X reconnaît en garder une partie : les instructions données à son assistant Grok, et certaines règles anti-robots — pour éviter, dit-il, que le système soit contourné.
Rien ne prouve que ce code est celui qui tourne. Une vérification par des tiers indépendants a été annoncée ; elle n'a pas eu lieu. Nous lisons donc ce qui est publié, pas ce qui est exécuté — et nous le disons chaque fois que nous nous appuyons dessus.
Aucune autre grande plateforme n'a fait de même. Meta, TikTok et YouTube déclarent leurs retraits au registre européen, mais gardent leur code fermé. C'est pourquoi la confrontation qui suit ne peut être menée que sur X — non parce qu'elle serait la pire, mais parce qu'elle est la seule vérifiable.
L'anomalie
Une plateforme ne ressemble à aucune autre
Sur les neuf plateformes suivies, huit déclarent près de 100 % de leurs retraits au titre de leurs conditions d'utilisation. Une seule déclare 0 %, sept jours sur sept : X. Autrement dit, X affirme ne jamais rien retirer de sa propre initiative — uniquement lorsque la loi l'y oblige.
Or son propre code dit le contraire
X a publié le code de son algorithme en open source. On peut donc le lire. Le module qui décide de la visibilité des messages contient environ 55 règles de filtrage. Sur ces 55, 4 seulement sont fondées sur la loi. Les autres relèvent de ses propres règles.
Son fichier d'explications reconnaît d'ailleurs appliquer des « étiquettes affectant la visibilité », et propose même un outil pour que chacun découvre celles posées sur son compte.
Ce que nous affirmons, et ce que nous n'affirmons pas
Nous constatons un écart mesuré entre ce que le code publié applique et ce que la plateforme déclare. Nous ne qualifions pas cet écart : dire s'il constitue un manquement appartient au régulateur, pas à nous.
Trois réserves, que nous publions avec le résultat plutôt qu'après : le code publié n'est pas prouvé identique à celui qui tourne réellement — la vérification par des tiers, annoncée par X, n'a pas eu lieu. Une déclaration mal remplie peut relever de la négligence autant que de l'omission. Et nous mesurons un échantillon, pas la totalité.
Et la France ?
Nous avons cherché dans l'intégralité du code publié toute trace de filtrage visant la France ou l'Union européenne. Il n'y en a aucune. Le seul filtre géographique du dépôt vise le Brésil : 668 comptes exclus des recommandations, dont 665 pseudonymes lisibles en clair — et il applique une obligation légale brésilienne, pas une décision de la plateforme.
Nous le disons parce que c'est vrai, et parce qu'un mouvement qui exagère se fait démentir en une recherche. Ce qui se passe en France n'est pas une liste noire : c'est un écart de déclaration. C'est moins spectaculaire, et c'est vérifiable.
L'origine
Qui demande ces retraits ? Personne.
On imagine volontiers la modération comme une réponse : quelqu'un signale, la plateforme examine, puis retire. Le registre dit l'inverse. Chaque déclaration précise son origine — et le résultat ne laisse pas de place au doute.
Le chiffre qui compte est le croisement des deux
Prises séparément, ces mesures se discutent. Ensemble, elles ne se discutent plus :
| Qui déclenche | Sur quel fondement | Décisions | Part |
|---|
{{croise-pct}} des retraits cumulent les deux : personne ne les a demandés, et aucune loi ne les impose. C'est la plateforme qui cherche, qui trouve et qui décide, sur ses propres règles.
À l'inverse, {{croise-rare}} seulement — sur {{total}} — réunit un signalement d'utilisateur et une base légale.
« Hors CGU » ou « conforme aux CGU » : la case existe, personne ne la coche
Le registre prévoit une précision décisive : lorsqu'un contenu est retiré au titre des conditions d'utilisation, la plateforme peut indiquer s'il était par ailleurs illégal, ou parfaitement licite. C'est la différence entre retirer un délit et retirer un propos légal qui déplaît.
Sur {{illegal-tot}} retraits français fondés sur les CGU, cette case est vide {{illegal-n}} fois — soit {{illegal-vide}}. Facebook, Instagram, TikTok, YouTube, Pinterest, Reddit et LinkedIn ne la renseignent jamais. Seul Snapchat s'y astreint, dans 35,7 % de ses déclarations.
Nous ne pouvons donc pas affirmer que ces contenus étaient légaux : les plateformes ne le disent pas. Ce que l'on peut affirmer, c'est qu'aucune loi n'imposait leur retrait, et que le seul champ qui permettrait d'en juger reste vide.
Chaque plateforme a sa méthode
| Plateforme | Décisions | À son initiative | Détecté par machine |
|---|
Et sur quoi porte cette surveillance ?
Protéger quelqu'un, ou faire taire quelqu'un ?
Tout retrait n'est pas une atteinte à la liberté d'expression, et prétendre le contraire serait malhonnête. Retirer une arnaque, un contenu d'automutilation ou une image d'enfant protège une personne réelle. Retirer un propos parce qu'il dérange, c'est autre chose. Ces deux gestes portent le même nom et se comptent dans le même registre — alors trions-les.
Et concrètement, que fait-on du contenu ?
« Retirer » recouvre des gestes très différents : effacer un message, fermer un compte, ou simplement le rendre moins visible sans prévenir personne. Le registre le précise — voici, sujet par sujet, ce qui est réellement appliqué.
Chaque barre se lit sur 100 % des décisions du sujet. Survolez un segment pour le détail.
Le vrai problème n'est pas qu'on modère. C'est qu'on ne peut pas savoir quoi.
Dans {{proteger-pct}} des cas, la catégorie déclarée correspond à une protection tangible : arnaques, violence, automutilation, mineurs, données personnelles. Nous ne contestons pas ces retraits, et un mouvement sérieux ne le devrait pas.
{{parole-pct}} relèvent explicitement du discours civique et des élections — le cœur du débat démocratique. {{gris-pct}} tombent dans une zone grise, le « discours illégal ou nuisible », qui recouvre aussi bien l'injure que l'opinion tranchée.
Et {{flou-pct}} — la majorité — sont rangés dans « autre violation des conditions », une case qui ne dit rien. Impossible de savoir s'ils protégeaient quelqu'un ou faisaient taire quelqu'un.
C'est là que se situe le scandale : non pas dans le volume, mais dans l'impossibilité de trancher. Une modération qui protège n'a aucune raison de se cacher derrière une case vide.
Les motifs
« Pourquoi mon contenu a-t-il été retiré ? »
Le règlement européen impose aux plateformes de motiver chaque décision. Nous avons lu ces motivations. Sur {{motifs-total}} décisions françaises, il n'existe que {{motifs-nb}} textes différents. Une même phrase sert donc des dizaines de milliers de fois.
Un tiers des motifs sont des gabarits jamais remplis
Voici, mot pour mot, ce que {{gabarit-n}} personnes ont reçu comme explication en France :
Les mots en majuscules sont des noms de variables internes. Le gabarit n'a jamais été rempli. C'est ce texte qui tient lieu de motivation légale.
Cette pratique n'est pas générale. {{meta-noms}} sont à 100 % de gabarits non remplis, quand {{zero-noms}} n'en produisent aucun.
On vous a retiré quelque chose ? Collez le message reçu.
Nous vous dirons combien de personnes ont reçu exactement le même texte, en France, le même jour. Rien n'est enregistré : le texte est comparé puis oublié.
Les motifs les plus employés
| Part | Motif adressé aux personnes concernées | Plateformes |
|---|
Aller plus loin — réservé aux membres
Le tableau ci-dessus montre les douze motifs les plus fréquents. Les membres du club accèdent à l'explorateur complet : les {{motifs-couples}} formulations recensées, filtrables par plateforme, avec export CSV pour les reprendre, les vérifier et les citer.
Méthode
Comment nous comptons
Une mesure qu'on ne peut pas refaire ne vaut rien. Voici exactement ce que nous faisons, pour que n'importe qui puisse le refaire et nous contredire.
- La source. Le registre de transparence du DSA, tenu par la Commission européenne. Il ne contient pas des données de l'Union : il contient les déclarations des plateformes elles-mêmes, qu'elles sont légalement tenues de déposer. La Commission les collecte et les republie, sans les vérifier.
- Le téléchargement. Les archives quotidiennes sont publiques et libres d'accès. Elles pèsent entre 1 et 4 Go par jour. Nous en lisons des tranches réparties sur l'intégralité de chaque archive, plutôt que de tout rapatrier.
- Le filtre France. Nous ne retenons que les déclarations dont la portée territoriale mentionne la France.
- Le comptage. Pour chaque plateforme, nous séparons les retraits fondés sur une base légale de ceux fondés sur ses conditions d'utilisation. C'est la seule distinction qui nous intéresse.
- La confrontation. Lorsque le code d'une plateforme est public, nous comparons ce qu'il applique à ce qu'elle déclare. À ce jour, X est la seule très grande plateforme dont le code soit disponible — c'est donc la seule que l'on puisse vérifier ainsi.
Nos limites, sans les cacher
Registre : transparency.dsa.ec.europa.eu
Base légale : règlement (UE) 2022/2065 (DSA), article 24(5)
Code analysé : github.com/xai-org/x-algorithm — licence Apache 2.0
Période mesurée : 10 au 16 août 2026
Le club
Mesurer, c'est déjà résister
Nous défendons une idée simple, celle-là même qui a conduit à l'ouverture du code de X : une plateforme qui décide de ce qui se voit doit pouvoir être contrôlée. Le Radar est l'outil de ce contrôle. Le club, ce sont les gens qui le font tenir.
Notre indépendance n'est pas négociable
Nous saluons la publication du code de X, et nous nous en servons — y compris contre X, dont nous montrons plus haut que ses déclarations ne collent pas à son propre code. Partager un objectif n'est pas rendre des comptes. Nous vérifions tout le monde, sans exception et sans faveur.
Ce que la carte vous ouvre
- L'explorateur complet — les {{motifs-nb}} formulations que les plateformes envoient aux personnes dont elles retirent le contenu, filtrables par plateforme.
- L'export CSV — pour reprendre nos chiffres, les recalculer, les citer, ou nous contredire. Un chiffre qu'on ne peut pas vérifier ne vaut rien.
- La série historique — les mesures s'accumulent jour après jour. Les membres voient l'évolution, pas seulement l'instantané.
- Le poids du nombre — un chiffre publié par une personne seule s'ignore. Publié au nom de milliers de membres, il s'oppose.
L'adhésion est gratuite, sans paiement ni engagement, et se fait sous réserve de validation : le club se construit membre par membre. Une fois votre adhésion validée, vous recevez une carte de membre signée cryptographiquement — vérifiable par n'importe qui, même si nos serveurs disparaissent. Ce lien est aussi votre espace club : il n'y a ni compte ni mot de passe, et c'est de là que s'ouvrent l'explorateur, l'export, et la demande d'accès à OSIRIS, notre tableau de veille du monde réservé aux membres.
Demander ma carte de membreVos opinions politiques sont des données sensibles. Nous ne demandons que le strict nécessaire, l'hébergement est européen, et vous pouvez effacer votre adhésion d'un clic depuis votre carte. Une demande refusée est effacée : nous ne tenons aucun registre des personnes que nous n'avons pas retenues.
◗ signature Ed25519 — vérifiable hors ligne